Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 23:34

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Chef-d’œuvre incompris du grand Coppola, L’homme sans Âge brasse des sujets aussi vaste et passionnant que la mort, la langue et la folie. Difficile d’accès mais tellement fabuleux.

 

Ce qu’il y a de plus intéressant chez Coppola père, c’est cette trajectoire diamétralement opposée à toute la clique du cinéma hollywoodien. Quand ses confrères (dont ceux de sa génération comme les Scorsese ou Spielberg) commencent par l’intimisme pour finir dans le grandiloquent- et parfois le commercial fade-, Francis Ford est passé du mastodonte Le Parrain à des films plus intimistes. L’homme sans Âge, échec commercial retentissant, fait parti de ceux-ci.

 

article-l-homme-sans-age-3.jpgFrappé par la foudre, Dominic Matei survit miraculeusement, et comble de la chance, rajeuni. Cible de convoitises, il se voit obligé de se planquer du regard des autres. Le long-métrage s’avère profond, presque trop. L’histoire prend source au sein même de l’imaginaire de Dominic, mêlé de skyzophrénie. Grâce à l’élément magique qu’est son rajeunissement, le voilà embarqué dans une quête hypnotique sur les origines de l’Homme. Le langage, central, se répercute dans tout dialogue. Rétroactivement, on peut le comparer aux idiomes d’Inglorious Basterds. Tim Roth dans le rôle principal fait des merveilles par son implication physique et verbale. Son charisme n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain Christoph Waltz dans le récent Tarantino. Le parlé se fait suave, naturel, mais est une vraie tour de Babel. Coppola déconstruit ce mythe en inversant le fléau. Dominic comprend le sanscrit et d’autres langues anciennes. Ainsi, on sent que la barrière humaine qu’avait construit Dieu dans la Bible semble s’effondrer.

 

Déconstruction temporelle

 

article-l-homme-sans-age.jpgIdée d’autant mieux menée que le scénario nous plonge en pleine seconde guerre mondiale, époque qui sentait la fin du monde. Plus encore, on nous promène de la Roumanie à l’Inde en passant par la Suisse, façon de faire voyager l’humain à la recherche de ses racines. Pour autant, L’homme sans Age n’a rien d’un road-movie, ou d’une œuvre vagabonde. Bien au contraire, l’attachement aux lieux (du bistro à la grotte) construit géographiquement ce qui se déconstruit temporellement. S’il est parfois compliqué de s’y retrouver, ce n’est que pour mieux valoriser la complexités de la tâche spirituelle et scientifique de Matei. Coppola, n’ayant plus rien à prouver, il se lâche en effets de style très inspirés.

 

article l'homme sans age 4Des filtres jaunissant à la caméra retournée, tout l’attirail du parfait auteur expérimental y passe, jusqu’à l’excès. Sauf que l’américo-italien sait comment s’y prendre pour lui offrir un surplus d’âme. Ainsi, flashbacks et rêveries sont habilement menés, à la fois sensuels, cauchemardesques et apaisés. Mieux encore, il forge une forme de nostalgie du présent et pas du passé. Nostalgie incarnée par le doux visage de Veronica (Alexandra Maria Lara) et des amis scientifiques de Dominic. L’homme sans Âge profite également de décors somptueux, agrémentée d’une musique à la fois discrète et indispensable. Voilà une œuvre qui trouve toute sa vigueur dans son imbrication abracadabrante de péripéties incongrues, de travail surhumains de montage et de lumière. Surement l’un des films les plus passionnant de la dernière décennie.

 

L’homme sans Âge, de Francis Ford Coppola, avec Tim Roth, Bruno Ganz, Alexandra Maria Lara (Fra., U.S.A., It., All., 1h59, 2007)

 

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la bande-annonce de l'Homme sans Âge ci-dessous :

 

 

 


Par alexandre mathis - Publié dans : les années 2000-2007 - Communauté : Cinéma et culture alternative
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Commentaires

ah la la merci.
Ce film m'a foudroyée aussi.
Mais apparemment nous ne sommes que deux.
Commentaire n°1 posté par Pascale le 09/03/2010 à 13h17
je vais lancer une opération de recherche de fans de l'homme sans Age. On se sent comme le dernier des Mohicans, à lutter pour faire entendre raison que ce Coppola, c'est du très lourd !
au moins deux.. presque une équipe de basket...
Réponse de alexandre mathis le 09/03/2010 à 18h41
Non, non jamais de sport pitié !

Ah mais ce film !!!
Commentaire n°2 posté par Pascale le 09/03/2010 à 19h38
bon alors juste des rites sataniques qui crucifieront Gerard Butler.
Ah mais ce film, comme tu dis ! je suis amoureux de Veronica dans le film.
Réponse de alexandre mathis le 09/03/2010 à 20h56
roh la la ça fait bien envie... dire que je ne l'ai jamais vu ! mais faut dire qu'à sa sortie, les critiques ne nous y encourageaient pas trop je crois...
Commentaire n°3 posté par Phil Siné le 10/03/2010 à 10h38
à ue ou deux exceptions près, le film s'est fait déssoudé ! franchement, tout cela est bien sévère, car là nous sommes plongé dans un film parano, qui n'a pas peur du style, ni de resister aux facilité de narrations. Peut-être que les cirtiques dit traditionnelles n'ont rien compris voilà tout. Ils ont des codes bien établit. Bousculés leurs habitudes, c'est comme demander à un sénateur de prendre des initiatives...
Réponse de alexandre mathis le 10/03/2010 à 10h44
Perso, j'ai trouvé l'idée et le scénario excellent, il y avait vraiment de quoi faire un excellent film. Mais alors, je me suis emmerdé comme pas possible. Je dirais pas que c'est un mauvais film, mais il est décevant.
Commentaire n°4 posté par 2flicsamiami le 12/03/2010 à 19h06
t'es comme la ajorité des gens sur ce coup. Perso, la beauté de la mise en scène, ce rythme lent m'a ultra plu. C'est complétement en dehors des formats habituels, un régal.
Réponse de alexandre mathis le 12/03/2010 à 19h08
Bon, tu m'en voudras pas je lirai ton article quand j'aurai enfin réussi à le voir... mais de ce que j'en ai vu c'est passionnant donc je risque de rejoindre le club de ceux qui ont aimé :)
Commentaire n°5 posté par Niko le 13/03/2010 à 09h20
t'as interet d'aimer de toute façon. ^^ Bon j'ai du repousser de 24h pour le guerrier silencieux, je prends mon mal en patiente...
Réponse de alexandre mathis le 13/03/2010 à 09h45
Film superbe en effet, bravo pour cette critique

vous pouvez aller visitert mon blog où l'on parle (un peu) de cinéma
Commentaire n°6 posté par cmb le 13/03/2010 à 13h14
merci !
je vais regarder ça sur le champs !
Réponse de alexandre mathis le 13/03/2010 à 18h59
Ce film, c'est juste un cauchemard, à part les instants d'éveils...
Commentaire n°7 posté par Tom b le 16/03/2010 à 16h19
bah bah bah ! mais non mais non. C'est 2h d'emmerveillement, de fascination sur la maitrise des plans, d'enigme sur le passé de l'homme imossible à percer.
dans 20 ans tout le monde le reconnaitra. Même toi, petit malin dont le pseudo m'interloque ;)
Réponse de alexandre mathis le 16/03/2010 à 16h29
J'ai découvert ce film il y a un moment et je n'ai pas été aussi emballée que toi par le message contenu... Pour moi, nous sommes loin des très grands coppola... Même si l'ambiance est travaillée et les comédiens intéressants... je crois qu'il m'a manqué quelque chose pour apprécier pleinement ce film... Peut-être est-ce dû à la façon dont a été traité le sujet... ^^
Commentaire n°8 posté par yuko le 19/03/2010 à 11h24
c'est un film assez innaccessible. mais je voulais le réhabiliter car il est trop mal aimé. Je comprends qu'on le trouve mal foutu sur des trucs, mais c'est précisemment ce côté grand film malade qui m'a emballé, et ultra stylisé.
Réponse de alexandre mathis le 19/03/2010 à 12h01

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