Chef-d’œuvre incompris du grand Coppola, L’homme sans Âge brasse des sujets aussi vaste et passionnant que la mort, la langue et la folie. Difficile d’accès mais tellement fabuleux.
Ce qu’il y a de plus intéressant chez Coppola père, c’est cette trajectoire diamétralement opposée à toute la clique du cinéma hollywoodien. Quand ses confrères (dont ceux de sa génération comme les Scorsese ou Spielberg) commencent par l’intimisme pour finir dans le grandiloquent- et parfois le commercial fade-, Francis Ford est passé du mastodonte Le Parrain à des films plus intimistes. L’homme sans Âge, échec commercial retentissant, fait parti de ceux-ci.
Frappé par la foudre, Dominic Matei survit miraculeusement, et comble de la chance, rajeuni. Cible de convoitises, il
se voit obligé de se planquer du regard des autres. Le long-métrage s’avère profond, presque trop. L’histoire prend source au sein même de l’imaginaire de Dominic, mêlé de skyzophrénie. Grâce à
l’élément magique qu’est son rajeunissement, le voilà embarqué dans une quête hypnotique sur les origines de l’Homme. Le langage, central, se répercute dans tout dialogue. Rétroactivement, on
peut le comparer aux idiomes d’Inglorious Basterds. Tim Roth dans le rôle principal fait des merveilles par son implication physique et verbale. Son charisme n’est d’ailleurs pas sans
rappeler un certain Christoph Waltz dans le récent Tarantino. Le parlé se fait suave, naturel, mais est une vraie tour de Babel. Coppola déconstruit ce mythe en inversant le fléau. Dominic
comprend le sanscrit et d’autres langues anciennes. Ainsi, on sent que la barrière humaine qu’avait construit Dieu dans la Bible semble s’effondrer.
Idée d’autant mieux menée que le scénario nous plonge en pleine seconde guerre mondiale, époque qui sentait la fin du
monde. Plus encore, on nous promène de la Roumanie à l’Inde en passant par la Suisse, façon de faire voyager l’humain à la recherche de ses racines. Pour autant, L’homme sans Age n’a
rien d’un road-movie, ou d’une œuvre vagabonde. Bien au contraire, l’attachement aux lieux (du bistro à la grotte) construit géographiquement ce qui se déconstruit temporellement. S’il est
parfois compliqué de s’y retrouver, ce n’est que pour mieux valoriser la complexités de la tâche spirituelle et scientifique de Matei. Coppola, n’ayant plus rien à prouver, il se lâche en effets
de style très inspirés.
Des filtres jaunissant à la caméra retournée, tout l’attirail du parfait auteur expérimental y passe, jusqu’à l’excès.
Sauf que l’américo-italien sait comment s’y prendre pour lui offrir un surplus d’âme. Ainsi, flashbacks et rêveries sont habilement menés, à la fois sensuels, cauchemardesques et apaisés. Mieux
encore, il forge une forme de nostalgie du présent et pas du passé. Nostalgie incarnée par le doux visage de Veronica (Alexandra Maria Lara) et des amis scientifiques de Dominic. L’homme sans
Âge profite également de décors somptueux, agrémentée d’une musique à la fois discrète et indispensable. Voilà une œuvre qui trouve toute sa vigueur dans son imbrication abracadabrante de
péripéties incongrues, de travail surhumains de montage et de lumière. Surement l’un des films les plus passionnant de la dernière décennie.
L’homme sans Âge, de Francis Ford Coppola, avec Tim Roth, Bruno Ganz,
Alexandra Maria Lara (Fra., U.S.A., It., All., 1h59, 2007)
la bande-annonce de l'Homme sans Âge ci-dessous :
A fuir
!
Pas
Mal.
Indispensable !
Ce film m'a foudroyée aussi.
Mais apparemment nous ne sommes que deux.
au moins deux.. presque une équipe de basket...
Ah mais ce film !!!
Ah mais ce film, comme tu dis ! je suis amoureux de Veronica dans le film.
vous pouvez aller visitert mon blog où l'on parle (un peu) de cinéma
je vais regarder ça sur le champs !
dans 20 ans tout le monde le reconnaitra. Même toi, petit malin dont le pseudo m'interloque ;)